Voyage voyage

 

J'ai grandi comme on monte un immense escalier,
les jambes alourdies et le souffle coupé.
Je croyais que là-haut, la vue vaudrait le coup :
ne vous fatiguez pas. On ne voit rien du tout.

J’avance solitaire, sur les plateaux brumeux,
sans savoir où je vais, sans jamais voir un feu.
Je n’ai pas emporté de fusée de détresse.
Non, les voyages ne forment pas la jeunesse.

Je n’ai jamais appris les choses de la vie,
je veux dire : celles dont on en sort grandi.
Je ressors affaibli, épuisé par l’effort.
Ce qui ne nous tue pas ne nous rend pas plus fort.

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